Présentation des données sur la situation des VSBG au niveau national et international
Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Redorer l’image de la femme burundaise et amélioration des conditions de participation dans les sphères de prise de décisions: activités de plaidoyer pour intégrer la dimension de lutte contre les VSBG dans les curricula scolaires au Burundi », l’association icirore c’amahoro asbl (ICCA), a organisé un atelier de présentation des données sur la situation des VBG au niveau national et international, une étude menée conjointement par trois experts, le jeudi 16 janvier 2025 à Bujumbura.
Dans son discours d’ouverture des activités des activités, le délégué du ministère de la solidarité nationale, des droits de la personne humaine et du genre Mélance KIRURA a indiqué que l’activité rentre dans le cadre de partenariat de ce ministère avec ses partenaires. M.KIRURA a alors indiqué que le ministère de la solidarité nationale ayant le genre dans ses attributions a un plan stratégique national de lutte contre les VBG. C’est pour cette raison qu’il espère cette étude va contribuer beaucoup au gouvernement afin qu’il puisse réaménager ses approches pour atteindre des résultats significatifs. Même si c’est amer à entendre, M.KIRURA a fait savoir que les VBG s’accroissent d’année en année alors qu’il y a des lois pour les éradiquer. En plus, M.KIRURA a précisé qu’il est très content de voir que cette approche de lutte contre les VBG est proposée d’être intégrée dans les curricula scolaires.
Quant à Mélanie NAKUBU, experte qui a présenté sur l’état des lieux des VBG au niveau national et international, elle a indiqué que les VBG constituent une problématique majeure à l’échelle mondiale particulièrement en Afrique et au Burundi. Les formes de VBG dans le monde sont notamment les violences conjugales, violences sexuelles, les pratiques traditionnelles néfastes, etc. Les causes de ces VBG sont notamment, a dit Mme NAKUBU, normes patriarcales et inégalités systémiques, facteurs liés aux conflits et bien d’autres.
Plusieurs conséquences des VBG
Mme NAKUBU a indiqué que les conséquences qui en découlent sont les conséquences physiques, la mortalité, les conséquences socio-économiques, etc. Selon Mme NAKUBU, les VBG causent 38% des homicides dans le monde pour lesquelles les victimes sont des femmes, souvent perpétrées par leurs partenaires. Mme NAKUBU a précisé qu’en 2021 les victimes des VBG s’élevaient à 4096 cas. Mais en 2015, les VBG s’élevaient à 17503 cas au moment où elles étaient à 17339 en 2022 au Burundi.
Pour le consultant-expert Ezéchiel BIZIMANA a quant à lui indiqué que la lutte contre les VBG nécessite une approche globale mêlant prévention, soutien aux victimes et renforcement des cadres législatifs et sociaux pour favoriser l’égalité des genres.
Pour Cassien GASHIRAHAMWE, l’expert en éducations, les auteurs des VBG à l’endroit des élèves sont en général les enseignants, les autorités scolaires et les autres élèves, les tuteurs, etc. La violence basée sur le genre affecte l’élève en l’exposant à un plus grand risque d’échec scolaire.
Plus de grossesses non désirées dans le cycle poste fondamental dans certaines provinces
En ce qui est de la situation des grossesses non désirées en milieu scolaire, M.GASHIRAHAMWE a indiqué qu’en 2018 l’on a enregistré 1268 cas de grossesses alors qu’ils étaient à 879 cas en 2023. En considérant la situation des effectifs, la province de Kayanza vient en tête, la province de Makamba vient en second au moment où la province de Bururi occupe la 3ème place. En plus, M.GASHIRAHAMWE a indiqué que c’est dans le cycle poste fondamental que l’on observe beaucoup de grosses non désirées dans certaines provinces. Les écoles publiques enregistrent beaucoup de grossesses par rapport aux écoles privées et publiques sous convention. La plupart des auteurs des grossesses non désirées ne sont pas souvent déclarés car ils ont des possibilités de faire des menaces. Ceux qui sont déclarés, a dit M.GASHIRAHAMWE, sont souvent les élèves-copins, les motards et les agriculteurs.
Recommandations
Les participants ont recommandé au ministère ayant le genre dans ses attributions de mettre en place une synergie interministérielle pour bien lutter et éradiquer complètement le fléau des VBG.
Ils recommandent également de chercher chaque fois un avocat qui aide la victime des VBG devant les tribunaux.
Les participants demandent également que la période fixée pour permettre à une fille qui a eu une grossesse non désirée de retourner à l’école soit écourtée.
Madame la représentante légale de l’ICCA NDUWIMANA Emmerentienne a vivement remercié les participants pour les efforts fournis et leurs contributions dans cet atelier.
Il sied de noter que ce projet se réalise sous le financement du Fonds africain pour le développement de la femme(AWDF).